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Atelier de formation en analyse des données d'enquêtes d'opinion auprès des entreprises | Imprimer |  Envoyer

Du 12 au 18 février 2010, s’est tenu dans la salle de conférence de la résidence Saint Auguste à N’zila (Bimbo), un atelier de formation sur l’analyse des données d’enquêtes d’opinion auprès des entreprises, sur financement de la Banque Africaine de Développement (BAD) à travers le Projet d’Appui à la Réhabilitation des Capacités de Planification Economique (PARCPE).


Cet atelier purement technique a réuni une dizaine de cadres relevant de la Direction de la Conjoncture (Direction Générale des Politiques et Stratégies), du Service de la Comptabilité Nationale et celui de la Conjoncture et des Prévisions (Institut Centrafricain des Statistiques et des Etudes Economiques et Sociales). Il a été animé par Djoret BIAKA TEDANG, expert macroéconomiste à AFRISTAT.


Après la présentation des termes de référence de l’atelier par M. WENDO Hyacinthe, Chef du service de la conjoncture et des prévisions, lecture a été faite du programme des travaux. Ce programme a été adopté sans amendement. Ainsi, le Président de la séance a demandé au premier intervenant de faire son exposé. Dans son intervention, le Chef du service de la Conjoncture et des Prévisions a présenté le travail qui se fait au sein de son service, notamment en matière d’enquêtes d’opinion auprès des chefs d’entreprise. Les objectifs poursuivis par cette enquête, ainsi que le champ et l’échantillonnage ont été exposés. De manière succincte, il a présenté la méthodologie générale utilisée, en partant de la collecte des données, jusqu’à l’analyse et les modalités de diffusion des résultats. Enfin, dans une dernière partie, il a  montré les limites des ressources mises à la disposition de son service et les difficultés y relatives.


Cette présentation qui a un caractère introductif, a permis d’avoir une idée claire sur le dispositif de traitement des enquêtes d’opinion auprès des entreprises à l’ICASEES. Elle a suscité beaucoup d’interrogations dans l’assistance. Des préoccupations ont été émises par rapport à la représentativité de l’échantillon, la fiabilité de l’enquête et à l’utilisation des résultats de cette enquête par le public. Concernant l’échantillon, l’Expert a émis le vœu que soit utilisé le répertoire d’entreprises national de la RCA qui est en cours de finalisation. Il a encouragé le Service dans le travail qui se fait et a exhorté les cadres dudit service à œuvrer encore davantage pour parfaire ce travail.

Dans le module intitulé « Introduction à la méthodologie des enquêtes de conjoncture auprès des entreprises », l’Expert d’AFRISTAT a mis l’accent sur quelques points essentiels qui touchent à la sélection de l’échantillon, la conception du questionnaire, la fiabilité des enquêtes et le traitement des résultats. A cet effet, il a rappelé tout d’abord à l’auditoire le dispositif de suivi de la conjoncture tel que préconisé par AFRISTAT pour ses Etats membres. Ce dispositif se subdivise en dispositif de production et dispositif d’analyse. Dans le premier, on retrouve la production des indicateurs de suivi conjoncturel et leurs publications à travers des documents flash tels que les 4-pages de l’IHPC, celle de l’IPI, etc., tandis que dans le second, seule l’analyse ou la synthèse est prise en compte à travers les bulletins et notes trimestriels de conjoncture.

Quant à l’opportunité de la mise à jour de la base primaire de sondage, il a soutenu que celle-ci s’avère très importante, car devant tenir compte de la démographie des entreprises et de la nomenclature des activités et des produits actuellement en vigueur. A ce propos, il faut définir un nouveau cadre d’enquête. Le répertoire d’entreprises national servira de base de sondage à cette enquête (identification, types d’activité, chiffre d’affaires, effectif des employés…). Il a aussi mentionné de retenir l’unité de type d’activité comme premier critère de sélection des unités déclarantes dans le cadre de la nomenclature en vigueur en RCA (NAEMA).

Concernant l’aspect fiabilité, il a indiqué que celle-ci dépend de certains critères : conception de l’échantillon, taille de l’échantillon, taux de non-réponse, pertinence des réponses des répondants, etc. Ensuite, il a donné quelques pistes et souligné qu’il faut distinguer les non-réponses et les excès de couverture. Pour les entreprises qui ne répondent pas ou répondent au-delà du délai requis, il a proposé que soit menée une action de communication auprès d’elles ou les exclure tout simplement de l’échantillon. Cette exclusion se fera selon une périodicité annuelle. Le constat fait sur la fiche de suivi des entreprises fait ressortir un problème dans la gestion de l’enquête. En effet, il ya d’une part des entreprises fermées qui normalement doivent sortir de l’échantillon et celles existantes mais qui étrangement, ne reçoivent pas de questionnaires d’autre part. Il faut donc procéder à la réédition d’un nouvel échantillonnage. L’Expert a souhaité que celle-ci soit suivie d’un atelier d’échanges et de sensibilisation des chefs d’entreprises sur l’importance d’une enquête d’opinions et la manière de remplir le questionnaire. On pourra profiter de cet atelier pour tester le questionnaire électronique et initier les participants à son remplissage.

Pour la phase traitement, dès que le questionnaire est collecté, il doit être saisi immédiatement. Car traiter les questionnaires au-delà du délai qu’on s’est fixé pour diffuser l’information devient aberrant. Les questionnaires doivent être conçus très simplement de manière à encourager la participation des déclarants et à réduire les délais de réponse. Au finish, le questionnaire doit comprendre des questions permettant d’élaborer des indicateurs pertinents qui appréhendent facilement une étape initiale de la production, qui réagissent rapidement aux changements de l’activité économique et qui mesurent les anticipations ou y sont sensibles. C’est à ce titre que toutes les variables couvertes dans l’Industrie, les BTP, le Commerce, les Services et Autres services ont été passées en revue.

A l’issue des échanges qui ont suivi cet exposé, l’assistance a trouvé important de revoir les différents aspects méthodologiques de l’enquête. Des précisions doivent être apportées au questionnaire, la forme du questionnaire doit être revue. On pourrait aussi penser à mettre en place une architecture de pondération.

Dans le module « Fondements théoriques des enquêtes d’opinion auprès des entreprises », l’orateur a développé les motivations, la théorie des soldes d’opinion, les objectifs, les caractéristiques et les limites des enquêtes. Les enquêtes d’opinion, a-t-il indiqué sont un outil de l’analyse conjoncturelle, car à l’issue, on doit disposer des indicateurs permettant  d’analyser le passé récent et le présent et d’anticiper le futur. On ne doit pas analyser seulement les indicateurs mais faire une analyse économique à partir des indicateurs.

Les opinions des chefs d’entreprises comprennent souvent des biais subjectifs. En effet, la normalité d’une situation, à laquelle le répondant se situe peut se référer à plusieurs éléments :

  • projets de la société ;
  • prévisions budgétaires,
  • niveaux moyens d’une certaine période du passé


L’expert a relevé la délicatesse de l’interprétation des données recueillies, qui provient entre autres du caractère subjectif des réponses et de la rédaction assez vague des questions posées. Aussi, le conjoncturiste doit savoir comment percevoir la normalité d’une situation (qui évolue parfois avec le temps) pour pouvoir en donner la bonne interprétation. C’est ici qu’il serait indispensable de faire l’analyse en série longue en comparant les soldes obtenus d’une enquête avec les niveaux obtenus par le passé. Les séries longues doivent être constituées et éventuellement dessaisonnalisées.

Quelques exemples d’interprétation des soldes de l’enquête d’opinion ont ensuite fait l’objet d’exercices au cours de cet atelier. Ces exercices de simulations ont porté sur la tendance de la production des trois derniers mois, l’opinion des chefs d’entreprise sur le niveau de leurs carnets de demande et sur leurs stocks de produits finis réalisés au travers de quelques séries reconstituées des enquêtes réalisées à Bangui depuis 2002. Le principe de base qui préside à l’analyse des réponses des entreprises est déduit de la nature même des questions posées et des conditions dans lesquelles elles le sont. Ici l’analyse doit être faite à un niveau agrégé de la nomenclature et pour l’ensemble des secteurs compte tenu du nombre limité d’unités de l’échantillon. Cette unicité de l’analyse doit tenir compte du référentiel utilisé par les entrepreneurs. En outre, l’Expert a demandé au Service de la Conjoncture et des Prévisions de constituer des séries longues sur les soldes pouvant permettre une bonne analyse d’opinion. A la fin de cette dernière présentation, un plan d’analyse a été proposé, ainsi qu’un canevas de publication.

Le rapport principal, qui devra être largement diffusé au plus tard 30 jours après le trimestre, a pour objectif de présenter une vue synthétique et cohérente de l’évolution présente (trimestre sous-revu) et future de l’activité des entreprises, par secteur et globale, vue par les chefs d’entreprises. Un tableau fournissant des résultats détaillés, pour les besoins de spécialistes et des répondants aux enquêtes devra également être élaboré. L’accès à ces résultats détaillés pourrait éventuellement être conditionné. Les résultats pourraient également être diffusés par voie de communiqué de presse aux médias de la place.


Outre ces voies, les résultats sont mis à la disposition du public à travers le bulletin trimestriel de conjoncture.
C’est dans une parfaite ambiance qu’a pris fin l’atelier de formation sur l’analyse des données de l’enquête d’opinion auprès des entreprises.